» Tribune libre  » contre les appels à candidature du Chef de l’exécutif, SEM Ali Bongo Ondimba, sur l’ensemble du territoire national : Michel Philippe Nze donne une leçon de politique à l’auteur de ladite tribune.

Face à la tribune totalement ridicule et très controversée sortie sous un fallacieux pseudonyme sur le site internet proche de l’opposition Gabonaise Gabon-Review sous le titre ambigu de  » Appel à la candidature d’Ali Bongo : cynisme et irresponsabilité  » , le secrétaire général adjoint 2 du Parti Démocratique Gabonais (PDG) parti au pouvoir, dans un droit de réponse à adresser à nos confrères de la Libreville  » une tribune « . Notre rédaction vous livre celle-ci dans son intégralité.

Il est des lectures dont on se dispenserait volontiers.

N’eut été l’insistance d’un camarade du Parti, que j’estime tout particulièrement, je n’aurais jamais risqué de perdre quelques minutes à lire la tribune publiée le 14 avril dernier sur Gabon Review, sous le titre « Appels à la candidature d’Ali Bongo : Cynisme et irresponsabilité ».

Je connais trop l’écart qui existe entre ce qui est rapporté sur ce que l’on peine à qualifier de site d’information et la réalité. Après tout, quitte à lire de la fiction, autant que ce soit un bon roman !

Mais le fait est que je l’ai lue. Et, même s’il m’en a fallu du courage, je l’ai lue jusqu’au bout.

Commençons par le fond.

La thèse centrale de l’article repose sur une assertion, c’est-à-dire une affirmation non démontrée. Celle, empruntée au collectif « Appel à agir » (tiens, tiens…), selon laquelle le Président ALI BONGO ONDIMBA serait inapte à exercer ses fonctions de Chef de l’Etat. Passons sur les multiples Sommets internationaux auxquels le Président de la République a pris part ces derniers mois aux côtés de ses pairs comme à Ryad en octobre 2021, à Glasgow pour la Cop 26 quelques jours plus tard ou au Sommet Europe-Afrique à Bruxelles en février 2022. Passons également sur les échanges de très haut niveau qu’il a eu avec les présidents Joe BIDEN et Emmanuel MACRON, ou encore avec le Premier ministre britannique Boris JOHNSON. Passons également sur les dizaines de rendez-vous et de réunions de travail qui saturent chaque jour son agenda avec des personnalités, ses collaborateurs et de nombreux autres compatriotes.

Pour pouvoir déployer une si intense activité, d’aucuns conviendront qu’il faut jouir d’une bonne santé sur le plan physique et mental. Et le Président Ali BONGO ONDIMBA a démontré à suffisance que c’était bien son cas. De quelles preuves disposent ceux qui, comme l’auteur, soutiennent le contraire ? A l’évidence, aucune, si ce n’est leur « intime conviction ». Se faisant, il tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Inanité d’un tel effort…

Plutôt que de se préoccuper de façon morbide de la santé du Président de la République (il n’en a pas besoin), ils feraient mieux de se préoccuper de celle – politique -, autrement plus préoccupante, de leurs « champions » potentiels pour la prochaine élection présidentielle de 2023. Dit autrement, qu’ils s’occupent de la poutre dans leur oeil plutôt que de chercher en vain la paille dans l’œil du Président Ali BONGO ONDIMBA.

Leur focalisation obsessionnelle s’apparente à du bovarisme, cette caractéristique des personnes en insatisfaction permanente qui cherchent maladivement une réponse pourtant évidente mais qui ne trouve pas grâce à leurs yeux.

On ne saurait, par ailleurs, trop conseiller à l’auteur de cette « tribune » de se plonger, de temps à autre, dans les livres d’Histoire. Les Les présidents F. Delano ROOSEVELT, François MITTERAND ou encore plus récemment la chancelière Angela MERKEL, malgré une santé chancelante, n’en ont pas moins été de grands, de très grands dirigeants. L’inculture historique conduit parfois à de graves contresens.

En réalité, le propos de « l’auteur » trahit davantage de la fébrilité que de l’assurance. Celui-ci en est réduit, pour espérer la victoire de son camp en 2023, que le Président Ali BONGO ONDIMBA ne puisse pas se représenter. Soit en raison de son état de santé, soit par suite d’une décision de la Cour constitutionnelle. C’est dire le peu de confiance qu’il place dans les différents leaders de l’opposition. En cela, il n’a pas tort (au moins un point d’accord entre nous…).

En l’état, l’opposition gabonaise ne représente pas une alternative crédible aux yeux des Gabonais. Plutôt que de travailler sur les idées et d’élaborer un contre-projet, ses leaders passent leur temps entre querelles sur le sexe des anges et guerres picrocholines. Divisée, émiettée, atomisée, l’opposition gabonaise est inexistante.

Et ce n’est pas de l’Union nationale, comme feint de le croire l’auteur, que viendra son salut. Après un scrutin que l’on peine à qualifier de régulier pour élire son président en novembre dernier, le parti, fracturé entre deux tendances irréconciliables, n’a jamais semblé autant au bord de l’implosion. La seule bonne nouvelle est que cette implosion ne ferait que peu de bruits. Car que pèse l’Union nationale ? A l’Assemblée nationale, un seul député sur… 143. Autrement dit, rien ou presque.

Ne pouvant compter sur ses propres forces, l’opposition gabonaise escompte donc un miracle, au sens étymologique du terme. C’est ce que nous dit, en filigrane, l’auteur de cette « tribune ».

Si le fond oscille entre bovarisme et inanité, tant sont vains les efforts déployés pour nous convaincre, que dire de la forme ? Je ne fais pas référence ici au caractère ampoulé et cuistre du propos mais de l’anonymat dans lequel se drape l’auteur. Le nom affiché au pied de la tribune n’est qu’un alias, un pseudonyme, comme c’est (trop) souvent le cas pour les publications sur Gabon Review. Pourquoi user d’un tel procédé si on n’assume pas ses propos ? Peut-être l’auteur lui-même les jugent-ils insuffisamment solides ou convaincants pour les prendre à son compte publiquement, ouvertement ? En tous les cas, ça en dit long sur le peu de confiance qu’il place dans ses écrits.

En conclusion, je voudrais rappeler à l’auteur anonyme de cette tribune, qui se pique de leçons de démocratie, l’une des règles-phares en démocratie : la transparence. On n’avance pas masqué mais à visage découvert. Une autre règle est la sacralisation de la liberté d’expression et non le musellement de la parole. Or, l’auteur ne semble guère apprécier les clameurs qui se lèvent partout dans le pays pour appeler le président Ali BONGO ONDIMBA à se représenter en 2023. Le silence, lui, serait plus agréable.

On ne saurait trop conseiller à Jean Gaspard… euh, je veux dire à l’auteur « anonyme » de cette « tribune » de se rappeler que quand on prétend donner des leçons de démocratie, il faut veiller d’abord à se les appliquer. « Démocratie bien ordonnée commence par soi-même ».

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