Université : Pr Frédéric Mabenga Ylagou : il ne manque pas de tables bancs à l’UOB.

Au lendemain, de la note du doyen de la faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), qui évoquait clairement une suspension de cours pour cause de déficit en tables-bancs, le temple du savoir fait la une des médias. Car comment comprendre qu’avec l’impressionnant programme de réhabilitation de l’UOB lancé à coût de milliards de francs CFA (6 milliards exactement), nous parlons d’un manque en matière de tables-bancs.

Pour apporter plus de précisions et répondre aux multiples interrogations dans ce sens, le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur à accordé une interview le 29 juin a Gabon première, mais également à notre confrère de Gabon-Review.

Au cours de celle-ci, le secrétaire général recadre les faits, en explicitant les efforts faits pas les autorités pour régler les difficultés que rencontrent les enseignants. En ce sens, il a indiqué que, les problèmes de vaccinations sont parfois le résultat de l’accroissement des effectifs. Morceau choisi.

Gabonreview : A la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE) de l’Université Omar Bongo (UOB), les cours ont été suspendus faute de tables bancs. La réhabilitation de l’UOB ne prend-elle pas en compte la fourniture en équipements ?

Pr Frédéric Mambenga Ylagou : Il ne manque pas de tables bancs. Avec la réhabilitation de l’UOB, il y a eu des dotations en tables bancs de l’ordre de 322 chaises et tables individuelles pour les étudiants, 200 tables et chaises individuelles pour les enseignants. A cela s’ajoute une livraison dans 10 jours, d’une dotation de 1 200 tables bancs pour les étudiants. Notamment, les tables bancs de 4 places. C’est en gros, une capacité d’accueil qui sera portée à 3 000 tables bancs disponibles pour cette année et qui vient compléter les suppléments en infrastructures qui ont été ajoutés. Notamment, pour les mezzanines qui seront opérationnelles à partir de la rentrée 2021, celle que nous avons entamé, pour l’UOB.

Que doivent donc faire les étudiants invités à rester chez eux du fait de cette situation ?

C’est bien malheureux que nous ayons des informations qui ne reflètent pas la réalité. D’abord, je voudrai en tant que secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, réaffirmer le soutien que la tutelle par le biais de M. le ministre a apporté aux enseignants de la FDSE pour qu’ils terminent leur année dans de bonnes conditions. Nous saluons le fait que cette année se soit terminée convenablement et le ministre qui veut remettre les choses en place, a tenu pendant un mois des réunions de direction avec les autorités universitaires y compris ceux de la FDSE pour préparer dans de bonnes conditions cette rentrée universitaire. Donc il n’y a pas une question problématique essentielle qui puisse empêcher la reprise des cours au niveau de la FDSE. Je précise d’ailleurs que la Faculté des lettres qui a terminé les enseignements un peu plus tôt, a déjà démarré l’année 2020-2021. Il s’agit ici de terminer ce processus universitaire par la FDSE qui a eu quelques difficultés à boucler son année mais c’est du passé tout cela.

Le problème des tables bancs n’est finalement pas un prétexte pour attirer l’attention sur autre chose ? On a l’impression que c’est l’arbre qui cache la forêt.

Il faut reconnaître qu’il y a des problèmes de vacations qui sont parfois simplement dus à la massification, au gonflement des effectifs. Mais depuis 3 ans notamment pour l’UOB, le règlement de cette dette est très important. Nous sommes passés de 750 millions de francs CFA qui étaient dus, en termes de vacations aux enseignants de l’UOB, à quasiment un règlement de cette dette pour boucler l’année académique 2019-2020. Il reste environ 12 millions de francs CFA qui doivent être payés pour la correction des examens et tout cela sera mis en place très bientôt. Vous voyez, il y a des efforts conséquents fournis par l’Etat. Nous sommes partis de 750 à 12 millions, pour arriver au paiement intégral de cette dette.

L’Etat prône également un climat social apaisé et, il y a deux semaines, un dialogue a été ouvert entre le ministère de l’Enseignement supérieur et les partenaires sociaux du secteur. Qu’en-est-il ?

M. le ministre a toujours tenu à ce que le dialogue social soit une permanence de sa gouvernance ministérielle. Dans ce cadre, il ouvrait, samedi d’il y a deux semaines, des négociations avec le Syndicat national des enseignants chercheurs (Snec) ainsi que la Force de réflexion et d’action pour l’enseignement supérieur (Frapes), un autre syndicat, sur la base de 4 points de revendication. Notamment, la régularisation des situations administratives déjà en cours puisqu’il y a plusieurs dossiers d’enseignants chercheurs déjà régularisés et une cinquantaine de dossiers sur 68, pour l’UOB. De même, pour les présalaires il y en a qui sont payés de façon régulière. Le Snec-UOB a posé la revendication d’une reformulation de la manière de fonctionner de cette université. Le ministre a été tout à fait attentif de manière à ce que les enseignants, les partenaires sociaux se retrouvent autour des états généraux de l’université pour essayer de façon interne, de trouver quelques solutions aux dysfonctionnements qui se lisent sur le plan pédagogique. Mais l’Etat, je le réaffirme, a mis suffisamment des moyens pour permettre une réhabilitation conséquente de cette université.

Concrètement ?

L’UOB a bénéficié entre 2019 et 2020, de près de 5 milliards de francs CFA de réhabilitation et ces efforts continuent puisque dans 2 mois, c’est la cité universitaire qui sera livrée et complètement refaite. C’est montrer l’intérêt que l’Etat, par le biais de M. le président de la République S.E Ali Bongo Ondimba, permet l’effectivité de mise en œuvre de toute l’action portée à la jeunesse, particulièrement celle de la première université. C’est vrai, il y a eu des dysfonctionnements liés à la vétusté de l’établissement, mais il faut reconnaître les efforts qui sont faits pour que désormais nous ayons une scolarité normale dans cette université.

Dans le cadre du dialogue social que vous évoquiez, la perspective d’un protocole d’accord entre les différentes parties est examinée. Qu’en-est-il ?

Le protocole d’accord a été élaboré et M. le ministre le présentera à sa hiérarchie pour voir les modalités de règlement des points soulevés par les syndicats. Mais il y a déjà des prises de position qui avancent sur certains points liés aux régularisations administratives, au paiement des vacations. Il y a des points positifs. Dans ce protocole d’accord, les syndicats accordent jusqu’à janvier 2022, une période pour permettre au gouvernement de résoudre les points essentiels posés. C’est un effort de dialogue social de la part des syndicats et que le gouvernement par le biais du ministre en charge de l’Enseignement supérieur voudrait approfondir pour que nous retrouvons surtout, les lettres de noblesse de notre système d’enseignement supérieur et c’est très important au moment où les efforts sont faits pour aller dans ce sens.

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